Est-il possible de vivre à l'année sur un terrain non constructible ?

Un terrain “au calme”, une tiny house posée, et la promesse d’une vie simple. Sur le papier, c’est séduisant. En droit français, vivre à l’année sur un terrain non constructible est en principe interdit. Il existe toutefois des exceptions très cadrées : des zones spéciales prévues par le PLU (les STECAL) et l’accueil en camping/PRL. Le reste tient plus du rêve que du dossier solide.
Pourquoi la réponse est “non” par défaut
Les zones naturelles ou agricoles du PLU sont faites pour… rester naturelles ou agricoles. Une tiny house qui stationne durablement (même sur roues) change l’usage du sol : l’urbanisme s’applique. Sans secteur dédié, la mairie refusera l’occupation à l’année.
Repère utile : dès que vous restez plus de 3 mois/an au même endroit, au minimum une déclaration préalable est exigée (régime des caravanes/résidences mobiles). Au-delà, hors zone prévue, c’est non. “Mobile” ≠ “hors-cadre”.
Certaines communes “pastillent” des Secteurs de Taille et de Capacité d’Accueil Limitées (STECAL) où les résidences démontables (habitats légers réversibles : tiny house sur roues, yourte, roulotte) sont autorisées par le PLU, sous conditions (nombre d’unités, réseaux, sécurité, insertion paysagère). Sans STECAL, pas d’implantation pérenne en zone non constructible.
Concrètement : demandez à la mairie l’extrait du PLU et la fiche du secteur (hauteurs, reculs, raccordements, hygiène/sécurité). Le PLU fixe noir sur blanc ce qui est permis.
Les campings et Parcs Résidentiels de Loisirs accueillent des habitats légers dans un cadre légal prévu, avec emplacements viabilisés (eau/électricité/évacuation) et règlement interne. C’est souvent la piste la plus simple pour vivre en tiny house sans foncier constructible, via un contrat d’emplacement. Selon le site, la reconnaissance en résidence principale varie : demandez la position de la commune/exploitant par écrit.
Le régime “moins de 3 mois/an” dispense d’autorisation dans certains cas (logique caravane), mais il ne permet pas d’y vivre : c’est ponctuel, pas résidentiel, et reste soumis au PLU local. Les périodes se cumulent : au-delà du seuil, la déclaration s’impose.

Tiny house sur roues vs tiny house fixe : ce que ça change (et ce que ça ne change pas)
- Tiny house sur roues / démontable : statut d’habitat léger reconnu depuis ALUR, mais l’urbanisme s’applique dès qu’on stationne durablement. Il faut le cadre PLU (STECAL ou zone adaptée) et une autorisation si supérieur à 3 mois.
- Tiny house fixe (dalle/pilotis) : traitée comme une construction classique → DP ou permis de construire selon surface/secteur (sur terrain constructible, pas en non constructible).
Toilettes sèches possible, oui. Mais les eaux grises (évier/douche) doivent être traitées par une filière conforme validée par le SPANC (raccord au réseau, micro-station, phyto…). Dossier flou ici = refus quasi assuré, y compris en camping/PRL.
Feuille de route si vous visez un terrain non constructible
- Mairie (urbanisme) : demandez le zonage PLU et s’il existe un STECAL ouvert aux habitats légers sur la parcelle ou à proximité. Réclamez l’extrait écrit (règles du secteur).
- Choix du cadre :
- STECAL → dossier selon règles locales (implantation, nombre, réseaux).
- Camping/PRL → contrat d’emplacement (services/charges/périodes d’ouverture).
- Durée : si vous restez plus de 3 mois par an, anticipez la déclaration préalable (au minimum).
- Assainissement : sollicitez le SPANC pour valider la filière avant le dépôt.
- Vivre à l’année sur un terrain non constructible : non, sauf si le PLU crée un STECAL qui l’autorise (conditions strictes), ou si vous êtes accueilli en camping/PRL.
- Plus de 3 mois par an au même endroit déclenche au minimum une déclaration préalable (régime caravanes), et n’autorise pas à contourner un PLU défavorable.
- Le blocage n°1 des dossiers, c’est l’assainissement : filière conforme validée par le SPANC, sinon ça coince.
Découvrez où il est possible de poser sa tiny house en France et quelle autorisation pour mettre une tiny house sur nos articles dédiés.
Écrivez à deux mairies que vous visez :
“Votre PLU comporte-t-il des STECAL ouverts aux habitats légers ? Pour une tiny house qui resterait plus de 3 mois, quelle autorisation (Déclaration Préalable/Permis de Construire) et quelles conditions de réseaux/assainissement ?”
Avec un écrit, vous saurez tout de suite si votre projet “terrain non constructible” est faisable ici… ou s’il faut changer de cadre (STECAL ailleurs, camping/PRL, ou terrain constructible).
















